Publié le 29-08-2010 à 17h38
Le réseau de transport de Stuttgart nécessiterait à lui seul de longs développements, à la fois comme exemple et contre-exemple. Stuttgart, c’est comme si, à Lyon, la rue Garibaldi passait devant la gare principale. Mais c’est aussi un réseau de métro… à moins que ce ne soit de tramway, on ne sais plus tant sa forme est mixte, très conséquent. Le plus surprenant, c’est la transformation complète et systématique du réseau (achevée en totalité) pour obtenir depuis un ensemble à voies métriques, gabarit étroit et quais bas un réseau homogène à voie normal, gabarit de 2,65 mètres et quais hauts de 0,90 mètres. Le résultat en surface est pour le moins surprenant… et l’intégration urbaine pas forcément idéale, car si bon nombre de sections ont été soit enterrées, soit mises en site propre, il demeure des tronçons en voirie partagée.

Les aménagements en site propre sont eux beaucoup plus classiques, avec dans certains cas un travail architectural intéressant.

L’intérêt majeur pour un lyonnais, c’est la ligne 10, a crémaillère à voie unique entre Marienplatz et Degerloch. Sa pente maximale de 178‰ reste dans les canons classiques lyonnais. Sa longueur n’est que de 2,2 kilomètres. Étant entièrement en surface, elle offre en revanche de superbes vues sur la ville. De plus, son tracé possède de multiples franchissements à niveau tant publics que privés, car elle longe pour l’essentiel de son parcours une rue. Les trois motrices dédiées (2 en circulation, 1 en réserve) construites en 1982 assurent une desserte toutes les 15 minutes, en se croisant à la station intermédiaire Wielandshöhe.

Mais l’essentiel de son intérêt en terme de transports en commun est la petite remorque à vélos qui équipe chaque rame côté amont depuis 1983, et qui sert au cyclistes pour franchir le dénivelé.

On voit combien cet élément simple est bien conçu : une rainure pour y engager les roues, et deux tendeurs pour arrimer le cadre. Cette remorque légère fait 640 kilogrammes en charge. Bref, une idée facilement exportable…
Fribourg, tarte à la crème des urbanistes français, avec son (éco-)quartier Vauban n’est finalement qu’une pâle synthèse de ce qui existe par ailleurs en Allemagne, avec certains défauts certainement dus à l’influence de la proximité de la France. Tout d’abord, en dehors d’un hyper-centre piétonnisé, les voies routières sont larges et très fréquentées. Ensuite, les cyclistes sont omniprésents sur les trottoirs, même lorsqu’il existe un espace dédié. Alors, certes, le tramway possède une station originale au niveau de la gare, puisqu’elle donne accès à tous les quais.

Le tramway traverse aussi la zone piétonne, et franchi les deux portes historiques préservées de la ville.

Mais c’est en périphérie que les choses les plus intéressantes se trouvent. En sortie de la station Runzmattenweg il existe par exemple une bifurcation dénivelée entre les lignes 1 et 3. On peut noter le type d’équipement de la ligne de contact, qui est d’un modèle très général en dehors des centre-ville en Allemagne, ainsi que de l’habillage naturel des poteaux.

Mais le plus surprenant, est certainement le passage de la ligne 2 sous une porte très étroite entre les station Wiesenweg et Klosterplatz en direction de Günterstal. La porte en question assure aussi le passage d’une route. La ligne se termine par un cours tronçon à voie unique et un terminus à quais décalés : le quai d’arrivé est sur l’évitement, alors que le quai de départ est sur le tiroir de rebroussement.

Ainsi s’achève ce périple, et il est tant de revenir en passant par une ville si fière de ses saucisses qu’elle en a donné la forme à sa gare. En souhaitant que ces quelques images non lyonnaises vous aient intéressés…

FIN