Ferro-Lyon

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Présentation générale de la ligne T2

Publié le 18-01-2009 à 14h26 (mis à jour le 08-11-2011 à 15h15.)

Histoire

La naissance de la ligne T2 du tramway est intimement liée au retour du tramway à Lyon décidé par la municipalité de Raymond Barre en 1995-96. Celle-ci a en effet dû trouver une solution efficace pour le désenclavement du campus universitaire de Bron, où 15 000 étudiants travaillent, et dont la desserte par des lignes de bus montrait quotidiennement son insuffisance et sa saturation. La situation de ce campus excluait de manière immédiate tout recours à une desserte par une ligne de métro. En effet, la ligne la plus proche est la D, et il aurait fallu envisager la création d’une antenne. Or d’une part, le prolongement de cette ligne de Gorge de Loup à Gare de Vaise qui était en cours à l’époque a connu un important dérapage financier de 28% du budget prévisionnel limitant drastiquement les moyens du SyTRAL, et d’autre part, MAGGALY, le pilotage automatique de la ligne n’est pas conçu pour gérer une ligne à 2 branches. Compte tenu des coûts qu’avaient entraîné le développement de MAGGALY entre 1990 et 1992, personne n’envisageait sa refonte. Dans le même temps, le SyTRAL menait les études d’élaboration du PDU de Lyon. Ces études ont confirmé la pertinence de la solution tramway et ont montré que pour répondre au mieux aux besoins de transport dans le secteur sud-est de l’agglomération, il faudrait créer un axe structurant de transports en commun entre la gare de Perrache, Grange Blanche, Bron, son campus et Saint-Priest. L’intérêt de cette desserte était à la fois de répondre aux exigences estudiantins brondillantes, aux besoins du pôle hospitalier de Grange Blanche, où outre les personnels de santé et les malades, travaillent 10 000 étudiants et à la nécessité de désenclaver les communes périphériques de Bron et Saint-Priest.

Dès l’approbation du PDU de l’agglomération en 1997, le projet considéré comme prioritaire entre donc dans sa phase active. Malgré les oppositions très fortes et structurées des commerçants du centre de Bron, liées à la crainte de perte de clientèle due à la réduction d’espace consacré à l’automobile, qui s’exprimera dès les premières réunions de concertation, jusqu’après la déclaration d’utilité publique (avec un recours en Conseil d’État, qui sera finalement rejeté), la volonté politique est inflexible et fixe la vitesse d’avancement du projet. D’autres protestations seront émises par les étudiants qui contesteront le « détour » par Grange-Blanche et le centre de Bron, en lieu et place de la desserte directe existante à l’époque par bus entre la station Mermoz – Pinel du métro D et le campus.

L’enquête publique préalable à la DUP a eu lieu en février et mars 1998, le Préfet a signé la DUP en septembre suivant, et dès le mois d’octobre, les chantiers ont été lancés. Cette rapidité a été dictée par les échéances électorales municipales du printemps 2001. En effet, à cette période, toutes les municipalités qui avaient lancé un chantier de ligne de tramway n’avaient pu achever leur projet avant les échéances électorales suivantes, ce qui avait entraîné la victoire des listes d’opposition. Cette obsession de rapidité a conduit à limiter les travaux au tronçon entre Perrache et Porte des Alpes, reportant à la mandature suivante la réalisation de la section de Porte des Alpes à Saint-Priest – Bel Air.

Les travaux se sont déroulés sans aléas notables. Les chantiers les plus délicats ont été la traversée du centre d’échange à Perrache, la reconstruction du tablier du pont surplombant la trémie de l’axe nord-sud au débouché du pont Gallieni, et la reconstruction du tablier du pont de l’avenue Berthelot au-dessus des voies RFF de la tranchée des Tchécoslovaques. Symboliquement, ce qui a le plus marqué les esprits à la fin du chantier a été la réduction de l’espace consacré à l’automobile sur l’avenue Berthelot, qui était auparavant beaucoup plus une autoroute urbaine qu’une avenue. Enfin, après moins de deux ans de travaux, à l’été 2000, les essais en ligne ont débuté. L’inauguration est intervenu le 18 décembre 2000, et la mise en service commercial a eu lieu le 2 janvier 2001.

Malgré le respect des délais, le début du service commercial en pleine période électorale ne s’est pas fait sans heurts. Pour cette raison, et d’autres, il y a eu un changement de majorité lors des élections municipales du printemps 2001. Cela n’a cependant pas remis en cause le prolongement de la ligne entre Porte des Alpes à Saint-Priest – Bel Air dont les travaux étaient dans les faits déjà commencés. Ce tronçon a été inauguré et mis en service le 27 octobre 2003.

La fréquentation de la ligne

Si les opposants ont longtemps mis en doute sa future fréquentation au moment de sa construction, il faut reconnaître qu’ils se sont trompés. De même, les études tablaient, elles, sur environ 58 000 passagers quotidiens. Or, dès le début de l’exploitation, ces chiffres se sont avérés pessimistes. Ainsi, en 2006, ce sont plus de 60 000 passagers en moyenne qui se pressaient chaque jours dans les rames.

Prolongements

Une branche de 3,8 kilomètres se détachant de la ligne après la station Les Alizés à Bron pour rejoindre le centre des expositions Eurexpo par les avenues maréchal De Lattre de Tassigny, François Mitterrand, la rue du Chêne et le boulevard de l’Europe est en cours de réalisation. Ce nouveau tronçon comptera quatre stations, à proximité de la place Curial, du lycée Jean-Paul Sartre, du parc d’activité du Chêne, et à Eurexpo. La desserte de cette nouvelle branche sera assurée par des services au départ de Grange-Blanche. Eurexpo, et la partie terminale de la ligne sur 1,5 kilomètre ne seront desservis que lors des salons. Le reste du temps, la desserte sera limitée à la station Parc du Chêne. Ce projet est de longue date dans les cartons. Il n’a cependant pas été inclus dans le PDU de l’agglomération. Il a été soumis à une enquête préalable à la déclaration d’utilité publique entre juin et juillet 2010. Un arrêté préfectoral signé le 23 décembre 2010 a déclaré ce projet d’utilité publique. La mise en service de cette nouvelle branche est prévue pour novembre 2012.

Avant même que l’antenne ci-dessus soit officiellement déclarée d’utilité publique, et toujours sans que le PDU en fasse mention, le conseil syndical du SYTRAL a voté le lancement des études pour un projet de prolongement. Il s’agit d’allonger cette future branche entre Eurexpo et l’entrée de Chassieu.