Publié le 27-02-2007 à 19h19. (mis à jour le 01-09-2007 à 22h42.)
Ligne ferroviaire ancienne, son histoire a débuté avant le grand regroupement des compagnies ferroviaires. Elle est ainsi passé entre plusieurs main avant de tomber dans l’escarcelle du P.L.M. Son terminus lyonnais trop excentré pour assurer des correspondances, alors que la banlieue était encore embryonnaire auront raison très tôt de la desserte voyageur de cette infrastructure. Il n’est pourtant pas impossible qu’elle retrouve un jour une vocation de transport des passagers sur la totalité de son parcours.
Cette ligne a été créée en deux parties. La première, entre Lyon-Croix-Rousse et Sathonay-Rillieux a été concédée à la Compagnie du Chemin de fer de Lyon Croix Rousse à Sathonay par décret du 12 juin 1861. Elle fut ouverte à la circulation le 30 juillet 1863. Cette compagnie rencontre rapidement des difficultés financières, et est placée sous séquestre le 26 octobre 1864. Les autorités de séquestre autorisent, moyennant péage, le passage sur le tronçon de Lyon Croix-Rousse à Sathonay des trains de la Compagnie de la Dombe qui a ouvert la ligne de Sathonay à Bourg en Bresse le 1 septembre 1866. C’est cette compagnie qui le 14 septembre 1872 deviendra la compagnie des Dombes et des chemins de fer du Sud-Est.
La concession de la ligne de Lyon Croix-Rousse à Sathonay est rétrocédée aux Chemins de Fer du Rhône le 12 juillet 1872. Cette nouvelle société obtient par un décret du 1er août 1874 la concession du prolongement de Sathonay à Trévoux sous le régime des chemins de fer d’intérêt local. Ce dernier tronçon est finalement ouvert le 1er juin 1882. Toutefois, suite à une convention en date du 22 décembre 1879 entre la compagnie des Chemins de fer du Rhône et celle des Dombes et des chemins de fer du Sud Est (D.S.E), c’est cette dernière qui exploite la ligne. Ce contrat contient en outre une clause de cession des infrastructures qui ne pourra être mise en œuvre qu’à l’issue de 15 ans d’exploitation de la ligne.
Cependant, le 28 juillet 1881, dans le cadre d’un intérêt commun bien compris, la compagnie des Dombes et des Chemins de fer du Sud-Est signe avec la compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et la Méditerranée (P.L.M.) un contrat de rachat. Il y est prévu que dès le 1er juillet 1882, les lignes de la compagnie D.S.E. seraient exploitées par le P.L.M., et le matériel racheté par ce dernier. Néanmoins, cette fusion est complexe, car lors de ce rachat l’État souhaite reclasser dans le réseau de chemin de fer d’intérêt général les lignes de la D.S.E. qui ont été concédées pour la plupart sous le régime de l’intérêt local. Cette opération nécessite une loi (promulguée le 20 novembre 1883) Le changement d’exploitant est donc retardé au 1er janvier 1884.
Le 1er juin 1897, exactement 15 ans après l’ouverture de la ligne, et dans le respect de la convention initiale, le P.L.M. rachète officiellement la ligne de Lyon Croix-Rousse à Trévoux à la compagnie des Chemins de fer du Rhône.
Le 15 mai 1900, le P.L.M. ouvre en voie unique le tronçon de Saint Clair à Sathonay au trafic marchandises, et le 8 novembre de la même année au trafic voyageurs. Ceci assure la liaison avec le reste du complexe ferroviaire lyonnais. Cela permet en particulier un accès aux gares voyageurs des Brotteaux et de Perrache et va entraîner le déclin progressif du terminus de Lyon Croix-Rousse. La deuxième voie du raccordement de Saint Clair à Sathonay est livrée au service sur ce tronçon le 12 juillet 1901.
La gare de la Croix-Rousse était implantée à l’origine à côté du terminus du funiculaire de la rue Terme. C’était certes très pratique pour les voyageurs en correspondance, mais cette disposition entraînait le passage des trains en surface sur le boulevard de la Croix-Rousse, à très faible vitesse et précédés d’un agent. Cette contrainte d’exploitation fut jugée trop forte par le P.L.M., et le 19 mai 1914, le terminus de Lyon Croix-Rousse fut déplacé au nord du boulevard, à l’angle de la place des Tapis et de la rue de la Terrasse, où se trouvaient initialement la gare marchandises et le dépôt. Ces deux dernières installations étant reportées simultanément au-delà de la rue Hénon.

La faible fréquentation du tronçon Sathonay à Trévoux, liée essentiellement à la concurrence automobile et du « Train Bleu » (tram à voie métrique O.T.L.) des quais de Saône récemment modernisé entre Pêcherie et Neuville, conduit à la fermeture aux voyageurs le 5 décembre 1938 entre ces deux gares, par la toute jeune S.N.C.F désormais exploitante du réseau.
Le déclin du tronçon de Lyon-Croix-Rousse à Sathonay se poursuit et s’accélère après guerre avec sa fermeture au trafic voyageur le 16 mai 1953. Ceci entraîne de fait l’interruption complète des circulations, avec dépose des voies entre les gares de Lyon-Croix-Rousse et Lyon-Croix-Rousse 2 (Marchandises, aujourd’hui Hénon). À cette époque, la voie est considérée comme totalement condamnée à plus ou moins brève échéance. Les services du ministère de l’Équipement l’intègrent comme emprise à réserver pour une pénétrante routière connue sous le nom de LY2. Le 28 septembre 1975, la desserte marchandises est supprimée entre Sathonay et Lyon-Croix-Rousse 2. Le tronçon de ligne fut déclassé par arrêté du 20 mars 1978, et la voie fut déposée dans les années suivantes. Le 10 décembre 1984, la section entre Lyon-Croix-Rousse et la gare de Cuire était intégrée à la ligne C du métro après un remodelage complet des infrastructures.
À la fin des années 1970, la gare de Sathonay a été profondément remodelée en vue de l’arrivée de la ligne à grande vitesse en provenance de Lieusaint (Paris), qui a été mise en service le 27 septembre 1981. Le tronçon à double voie entre Sathonay et la bifurcation de Saint-Clair étant désormais, après remise à niveau et électrification, utilisé pour le parcours terminal des TGV Paris-Lyon.
Le tracé de la ligne entre Cuire et Sathonay fut au cours des années 1980-90, en grande partie aménagé pour devenir une promenade piétonne. Il est aujourd’hui connu sous le nom de « voie verte », ou voie de la Dombes.
Quelques années plus tard, La faiblesse du trafic marchandise sur le tronçon de Neuville-sur-Saône à Trévoux a entraîné son abandon par la S.N.C.F. Il est à noter que malgré cet abandon, ce morceau de ligne fait toujours partie du réseau ferré national, et qu’il n’a pas été déclassé, mais simplement neutralisé.
À ce jour, de la ligne de Lyon-Croix-Rousse à Trévoux, seul reste exploitée par la S.N.C.F. le tronçon d’environ 10 kilomètres entre Sathonay-Rillieux, et Neuville Zone Industrielle.
La photo ancienne illustrant cet article est issue de la collection de la Bibliothèque Municipale de Lyon, Fond Sylvestre, cote SA 6/9.