Publié le 27-02-2007 à 19h19. (mis à jour le 21-05-2009 à 21h18.)
Ligne ferroviaire ancienne, son histoire a débuté avant le grand regroupement des compagnies ferroviaires. Elle est ainsi passé entre plusieurs main avant de tomber dans l’escarcelle du PLM Son terminus lyonnais trop excentré pour assurer des correspondances, alors que la banlieue était encore embryonnaire auront raison très tôt de la desserte voyageur de cette infrastructure. Il n’est pourtant pas impossible qu’elle retrouve un jour une vocation de transport des passagers sur la totalité de son parcours.
Cette ligne a été créée en deux parties. La première, entre Lyon – Croix-Rousse et Sathonay avait notamment l’avantage, pour les militaires, de rapprocher le camp de Sathonay (où 6 000 hommes étaient cantonnés) de la colline insoumise des Canuts, et donc de faciliter les déplacements de la troupe pour mater les émeutes. De plus, elle formait un prolongement du funiculaire de la rue Terme renforçant son utilité notamment pour acheminer les productions des campagnes environnantes vers la ville. Ce tronçon a été concédée Messieurs Victor-Auguste du Hamel, Gustave-Henri-Alexandre-Xavier de Caze, et Émile Grignard par décret impérial le 12 juin 1861. Ce décret valait déclaration d’utilité publique.
Le 26 juillet 1861 la Compagnie du Chemin de fer de Lyon (la Croix-Rousse) au camp de Sathonay est crée, et sa substitution aux concessionnaires initiaux a été approuvée par décret impérial le 5 août 1861. La ligne fut ouverte à la circulation le 30 juillet 1863. Cette compagnie a rencontré rapidement des difficultés financières, et a été placée sous séquestre par décret impérial le 26 octobre 1864. Les autorités de séquestre ont autorisé, moyennant péage, le passage sur la ligne des trains de la Compagnie de la Dombes qui a ouvert la ligne de Sathonay à Bourg-en-Bresse le 1er septembre 1866. C’était cette compagnie qui était devenu, suite à un décret du 14 septembre 1872, la Compagnie des Dombes et des chemins de fer du Sud-Est.
Le séquestre a été levé, et la Compagnie des Chemins de Fer du Rhône a été substituée par décret le 12 juillet 1872 à la Compagnie du Chemin de fer de Lyon (la Croix Rousse) au camp de Sathonay pour la concession de la ligne de Lyon – Croix-Rousse à Sathonay. Cette nouvelle société a demandé la concession sous le régimes des chemins de fer d’intérêt local du prolongement entre Sathonay et Trévoux auprès des conseil généraux des départements du Rhône et de l’Ain. Elle a signé deux traité, le premier le 30 août 1872 avec le conseil général du Rhône, et le second le 12 mai 1873 avec le conseil général de l’Ain. Ces traités ont été ratifiés, la concession du prolongement de Sathonay à Trévoux a été accordée, et la ligne a été déclarée d’utilité publique par deux décret le 1er août 1874.
Mais pour des raisons financières, la compagnie a été incapable de respecter ses engagements. Cependant, la déchéance n’a pas été prononcée, car la Compagnie des Chemins de Fer du Rhône négociait la reprise de ses activités par la Compagnie des Dombes et des chemins de fer du Sud-Est. Aussi, le 24 avril 1879 le conseil général de l’Ain a consenti à signer une nouvelle convention avec la compagnie. Le 20 mai 1879, le conseil général du Rhône a fait de même. Le 24 juin 1879, la Compagnie des Chemins de Fer du Rhône et la Compagnie des Dombes et des chemins de fer du Sud-Est ont signé un traité de substitution de la première par la seconde. Cette convention contenait une clause de cession des infrastructures qui ne pourrait être mise en œuvre qu’à l’issue de la quinzième année suivant l’ouverture de la ligne. L’ensemble de ces dispositions ont été approuvées par une batterie de cinq décrets signés le 22 décembre 1879. La ligne entre Sathonay et Trévoux a finalement été ouverte le 1er juin 1882.

Traversée du boulevard de la Croix-Rousse par un train quittant la gare de Lyon – Croix-Rousse, vers 1900. À gauche de la photo se trouve la gare haute du funiculaire de la rue Terme. On voit à l’arrière-plan la cheminée de la machinerie à vapeur du treuil du funiculaire. Photo : CC-by-nc-nd Bibliothèque Municipale de Lyon, Fond Sylvestre, cote SA 6/7.
Cependant, le 28 juillet 1881, dans le cadre d’un intérêt mutuel bien compris, la Compagnie des Dombes et des Chemins de fer du Sud-Est a signé avec la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et la Méditerranée (PLM) un traité portant sur son rachat. Ce traité a été approuvé par une loi le 20 novembre 1883. Dès le 1er janvier 1884, le PLM est devenu à la fois propriétaire des installations appartenant à la Compagnie des Dombes et des Chemins de fer du Sud-Est, mais aussi redevable des obligations liées à l’exploitation de la ligne de Lyon à Trévoux pour le compte de la Compagnie des Chemins de Fer du Rhône.
Le 1er juin 1897, exactement 15 ans après l’ouverture de la ligne, et dans le respect de la convention initiale, le PLM a racheté officiellement la ligne de Lyon – Croix-Rousse à Trévoux à la Compagnie des Chemins de fer du Rhône. Le tronçon de ligne entre Sathonay et Trévoux a alors été reclassée dans le réseau d’intérêt général par une loi le 25 mars 1898.
En 1897, la Compagnie des chemins de fer Economiques du Sud-Est ouvre une ligne à voie métrique entre Jassan et Trévoux. Cette ligne permettra les échanges locaux le long du val de Saône, et la liaison vers Bourg, mais au prix de temps de trajet disuasifs. Elle sera reprise en 1920 par la Régie Départementale des Tramways de l’Ain avant de fermer en 1936.
Le 15 mai 1900, le PLM a ouvert en voie unique le tronçon de Saint-Clair à Sathonay au trafic marchandises, et le 8 novembre de la même année au trafic voyageurs. Cette nouvelle ligne a assuré la liaison avec le reste du complexe ferroviaire lyonnais. Cela a permis en particulier un accès aux gares voyageurs des Brotteaux et de Perrache, ainsi qu’à la gare marchandises de La Part-Dieu, et a entraîné le déclin progressif du terminus de Lyon – Croix-Rousse. La deuxième voie du raccordement de Saint-Clair à Sathonay a été livrée au service le 12 juillet 1901.
La gare de la Croix-Rousse était implantée à l’origine à côté du terminus du funiculaire de la rue Terme. C’était certes très pratique pour les voyageurs en correspondance, mais cette disposition entraînait le passage des trains en surface sur le boulevard de la Croix-Rousse, à très faible vitesse et précédés d’un agent. Cette contrainte d’exploitation fut jugée trop forte par le PLM, et le 19 mai 1914, le terminus de Lyon Croix-Rousse fut déplacé au nord du boulevard, à l’angle de la place des Tapis et de la rue de la Terrasse, où se trouvaient initialement la gare marchandises et le dépôt. Ces deux dernières installations étant reportées simultanément au-delà de la rue Hénon.

Première gare marchandises de Lyon – Croix-Rousse. Au premier plan à droite la voie qui franchit le portail est celle qui traversait le boulevard de la Croix-Rousse. L’emplacement est désormais méconnaissable, puisqu’il s’y trouve le magasin Monoprix et d’autres bâtiments d’habitation. Photo : CC-by-nc-nd Bibliothèque Municipale de Lyon, Fond Sylvestre, cote SA 6/9.
La faible fréquentation du tronçon Sathonay à Trévoux, liée essentiellement à la concurrence automobile et du « Train Bleu » (tram à voie métrique OTL) des quais de Saône récemment modernisé entre Pêcherie et Neuville, a conduit à la fermeture aux voyageurs le 5 décembre 1938 entre ces deux gares, par la toute jeune SNCF désormais exploitante du réseau.
Le déclin du tronçon de Lyon – Croix-Rousse à Sathonay s’est poursuivi et accéléré après guerre avec sa fermeture au trafic voyageur le 16 mai 1953. Ceci a entraîné de fait l’interruption complète des circulations, avec dépose des voies entre les gares de Lyon – Croix-Rousse et Lyon – Croix-Rousse 2 (Marchandises, aujourd’hui Hénon). À cette époque, la voie était considérée comme totalement condamnée à plus ou moins brève échéance. Les services du ministère de l’Équipement l’intégrèrent comme emprise à réserver pour une pénétrante routière connue sous le nom de LY2. Le 28 septembre 1975, la desserte marchandises a été supprimée entre Sathonay et Lyon – Croix-Rousse 2. Le tronçon de ligne a été déclassé par arrêté ministériel le 20 mars 1978, et la voie a été déposée dans les années suivantes. Le 10 décembre 1984, la section entre Lyon – Croix-Rousse et la gare de Cuire était intégrée à la ligne C du métro après un remodelage complet des infrastructures.
À la fin des années 1970, la gare de Sathonay a été profondément remodelée en vue de l’arrivée de la ligne à grande vitesse en provenance de Lieusaint (Paris), qui a été mise en service le 27 septembre 1981. Le tronçon à double voie entre Sathonay et la bifurcation de Saint-Clair étant désormais, après remise à niveau et électrification, utilisé pour le parcours terminal des TGV Paris-Lyon.
Le tracé de la ligne entre Cuire et Sathonay fut au cours des années 1980-90, en grande partie aménagé pour devenir une promenade piétonne. Il est aujourd’hui connu sous le nom de « voie verte », ou voie de la Dombes.
Quelques années plus tard, La faiblesse du trafic marchandise sur le tronçon de Neuville-sur-Saône à Trévoux a entraîné son abandon par la SNCF. Il est à noter que malgré cet abandon, et à l’exception d’un petit tronçon terminal d’environ 500 mètres, ce morceau de ligne fait toujours partie du réseau ferré national, et qu’il n’a pas été déclassé, mais simplement neutralisé.
À ce jour, de la ligne de Lyon – Croix-Rousse à Trévoux, seul reste ouverte à la circulation ferroviaire, mais la SNCF a cessé de desservir le tronçon d’environ 10 kilomètres entre Sathonay – Rillieux, et Neuville – Zone Industrielle à la fin 2010.