Publié le 11-03-2007 à 17h49. (mis à jour le 27-05-2008 à 19h21.)
Le dernier funiculaire mis en service à Lyon est aussi celui qui aura connu le destin le plus bref, avec seulement 37 ans d’existence. Il faut dire qu’en dehors de la période de la Toussaint, la plupart de ses passagers n’effectuaient qu’un aller sans retour avec lui. Comme ce funiculaire est très intimement lié à la ligne de tram qui le prolongeait, nous allons étudier leur cas en commun.
En 1893, Monsieur Cornillon dépose une demande de concession pour la construction d’un funiculaire entre la gare Saint Paul et Fourvière, et d’un tramway en correspondance entre Fourvière et le grand cimetière lyonnais de Loyasse. L’idée étant d’assurer une desserte du cimetière aussi bien pour les vivants, que pour les personnes devant y être enterrées. La concession est accordée après enquête publique par une loi promulguée le 14 décembre 1896. Le 13 janvier 1897, un décret approuve la substitution de Monsieur Cornillon par la Compagnie de Saint Paul à Fourvière et Loyasse (SPFL) pour la concession de l’ensemble. Le 6 décembre 1900 sont inaugurés simultanément la ficelle et le tram. Il s’avère rapidement que la desserte d’un cimetière, fut-il très peuplé, n’est pas de nature à dégager des bénéfices, et encore moins à couvrir les coûts très élevés de premier établissement. Ceux-ci liés à la fois au percement du tunnel de la ficelle et à la construction du viaduc nécessaire au tramway sur le plateau des Quatre Vents sont absolument hors de proportion par rapport aux recettes prévisibles de l’exploitation.
De plus, la compagnie a fait l’erreur d’implanter l’usine de production électrique fonctionnant au charbon au sommet de la colline. Elle est donc dépendante pour ses approvisionnements en houille soit du funiculaire, soit de frais de charrois particulièrement élevés liés au pentes à vaincre avec la traction animale.
Enfin, la double infrastructure funiculaire et tramway, pour une distance totale bien faible (1400 mètres) génère des coûts d’exploitation très élevés qui viennent encore réduire les espoirs de recettes.

Dès 1901, la compagnie est en faillite. Après sa mise sous séquestre, les installations sont exploitées par l’OTL pour le compte de la commune de Lyon. En 1908, après des négociations serrées, l’OTL rachète la compagnie SPFL.
Pour l’OTL, cette installation est un gouffre financier, et après la première guerre mondiale, après une grève particulièrement suivie au début 1920, elle décide d’interrompre le service sur le funiculaire. Il faudra toute la persuasion des autorités municipales et départementales pour la convaincre de reprendre l’exploitation à partir du jour de l’an 1921.
Comble de malchance, le tunnel du funiculaire possède des faiblesses structurelles, car percé dans un terrain peu stable. Ceci sera une source de contentieux avec les riverains, et en particulier les pères maristes qui voient avec inquiétude leurs immeubles se fissurer. Il nécessitera un confortement majeurs qui entraîneront l’interruption des circulations entre décembre 1923 et le 22 octobre 1925.

Face aux résultats financiers désastreux de la ficelle, dont la machinerie toujours mue à la vapeur est la dernière de ce type sur le réseau depuis une vingtaine d’années, et du tramway, l’OTL exploite le matériel jusqu’à la limite d’usure, et ferme le funiculaire le 25 décembre 1937. Il fonctionnera ensuite 3 jours en juillet 1939 à l’occasion d’un congrès marial, puis pour les Toussaints des années 1939 et 1940. Le tramway cessera son service le 18 septembre 1939, avec néanmoins des services occasionnels pour les Toussaints 1939, 1940, et 1942.
Les installations dont l’exploitation n’est officiellement que provisoirement suspendue seront déclassées par un décret signé par le Premier Ministre, le 5 mai 1950. Les voies seront déposées entre 1951 et 54. Le tablier métallique du viaduc du tramway est découpé en 1952.